Du côté des médias sociaux

La semaine a eu son lot d’annonces tonitruantes avec pas plus tard qu’hier l’annonce du rachat par Facebook pour un montant d’un milliard de dollars de la plateforme de photos Instagram, récemment lancée sous Android où elle avait dépassé le million de téléchargements en 24h.

Twitter a fait parler de lui sur un plan plus juridique avec le procès de 5 entreprises considérées comme spammeurs de Twitter (TweetAttacks, TweetAdder, TweetBuddy, justinlover.info et troption.com) et accusées d’en violer les conditions d’utilisation. Twitter est sans doute le réseau social qui intrigue le plus constamment les médias grand public, dont notamment cette semaine le Monde diplomatique dans un bel article sur Twitter et plus globalement nos usages du numérique.

Un autre réseau social qui a beaucoup fait parler de lui depuis le début de l’année est sans commune mesure Pinterest, qui connaît un très grand succès aux États-Unis, où il est désormais le troisième réseau social le plus populaire, derrière Facebook et Twitter, et devant Linkedin et Google+. Pinterest n’a cependant pas encore percé en France auprès du grand public et, avec 260 000 VU en février, ne justifie pas (encore ?) le buzz médiatique dont il fait l’objet.

Parlant de buzz médiatique, Jason Falls répondait avec beaucoup de franc-parler aux question d’une interview placée sous le signe du « no bullshit », qui attaque franchement l’engouement des médias et des professionnels du marketing pour les buzzwords et les modes dans le monde des médias sociaux. Dans le même esprit, Social media today revient sur le préjugé selon lequel la priorité en gestion de crise sur les réseaux sociaux est d’apporter une réponse rapide. Enfin, le séminaire PHITECO 2012 consacré aux relations entre l’amitié et les technologies relationnelles (auxquelles appartiennent les réseaux sociaux), propose une approche philosophante des échanges et relations qui se nouent sur les médias sociaux.

Sur le grand réseau mondial…

Une brillante présentation de Frédéric Kaplan introduit la notion de capitalisme linguistique : avec les places de marché comme AdWords, le mot devient un marché, une industrie, dans laquelle chaque mot a une valeur qui fluctue à chaque seconde. Parallèlement à cela, le volume de texte produit automatiquement augmente de jour en jour et occupe une place croissante dans le volume global de nos ressources linguistiques, ce qui donne peu à peu naissance à une langue hybride, générée et optimisée par les machines.

Cette hybridation croissante du langage préfigure une hybridation de nos capacités cognitives, qui a fait un grand pas prospectif en avant avec la présentation par Google du Project Glass, l’un des projets du mystérieux « Google X » : il s’agit finalement de lunettes de réalité augmentée, qui vont très certainement révolutionner notre expérience utilisateur de l’ordinateur sous la forme d’un nouveau paradigme d’interface homme-machine.

Au royaume de la data

Nous les humains ne sommes pas les seuls à subir le problème de la surcharge informationnelle : les drones de l’armée états-unienne génèrent également un déluge d’information que l’armée de l’air peine à visionner et à exploiter. La big data est donc plus que jamais une problématique actuelle, avec des applications réelles pour le grand public, parmi lesquelles on peut compter la visualisation des déplacements personnels, des relations sociales, ou encore la mise en commun d’initiatives et de recherches personnelles indépendantes.

L’application de la big data dans la vie quotidienne reste cependant encore assez mystérieuse, avec une grand exception très familière : celle du moteur de recherche, dont la fonction même est d’organiser et d’indexer de l’information à très grande échelle : dans le deuxième volet de notre triptyque sur les moteurs de recherche, nous vous proposions cette semaine de revenir sur les étapes du traitement du texte indexé par un moteur de recherche « classique » (non-sémantique) dans un article détaillé que vous pouvez retrouver ici.

Enfin, notre image de la semaine est tiré du très beau projet de stamen design qui redessine les cartes d’OpenStreetMap, cette fois avec un filtre d’aquarelle particulièrement élégant.

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