Du côté des médias sociaux

Dans ses publicités, Google pourra utiliser des informations issues de votre compte Google+ : nom, photo… C’est ce que le web a découvert cette semaine. Il est possible néanmoins de se désengager de ce programme. Plus intéressante cependant est le parallèle avec Facebook : The Next Web considère que cette démarche est une attaque directe contre Facebook et son écosystème publicitaire basé sur la recommandation. Dans le même temps, Facebook a supprimé de son côté la possibilité d’être introuvable dans son moteur de recherche, et augmente insensiblement le notre d’information dont on ne peut pas paramétrer la publicité.

Plus largement, les principales institutions d’Internet (ICANN, W3C…) se sont désolidarisées de la gouvernance américaine après s’être réunies à Montevideo (Uruguay). La domination des Etats-Unis dans la gouvernance d’Internet est un fait ancien et de plus en plus considéré comme problématique d’un point de vue juridique, politique et idéologique : cet évènement est peut-être l’amorce d’un changement radical dans la politique numérique internationale.

Au royaume de la data

La commission « Innovation 2030 » présidée par Anne Lauvergeon a identifié la valorisation des données informatiques massives comme priorité en matière d’innovation. Dans le même temps, HEC a annoncé un nouveau cursus « big data » pour ses étudiants de MBA.  2014 sera peut-être l’année où la France rattrapera son retard sur la question de l’analyse de données.

De l’autre côté de l’Atlantique, la réflexion en est à la détermination des limites d’un telle exercice : les révélations du projet PRISM on fait prendre conscience du fait que l’analyse de données peut être une arme, utilisée par le gouvernement contre le peuple, et pas seulement un outil de savoir pour les chercheurs. Il faut donc établir des règles et des limites éthiques à de telles pratiques. Dans le même esprit, mais sur des aspects plus techniques et opérationnelles, la mathématicienne Cathy O’Neil a composé un petit essai sur son scepticisme autour des big data. Le document, qui vaut la peine d’être lu, s’adresse à la fois aux ingénieurs et aux opérationnels marketing, et déboulonne de nombreux clichés sur le pouvoir des données en général et leur utilisation en entreprise. En complément, je vous invite à consulter la présentation de Nicolas Kayser-Brill sur la data-literacy.

La question de la visualisation des données n’est pas la cerise sur le gâteau que l’on place à la fin : elle permet de comprendre les phénomènes observés et joue un rôle dans la constitution de la question et des modèles. L’utilisation de jeux de données massifs complexifie naturellement l’exercice et invite à inventer de nouvelles tactiques. C’est ainsi l’exercice qu’a mené le New York Times dans l’analyse de la diffusion de leurs articles et des cascades de partages sur Twitter. Leur conclusion est bien que sans visualisation, il est bien difficile de donner forme et sens aux données analysées.

Parlant de visualisation, celle de cette semaine nous vient de l’INSEE et montre, par département français, le pourcentage de naissances de deux parents nés en France.

naissances
Cliquer sur l’image