Du côté des médias sociaux

Facebook a tenté d’acquérir l’application de partage de photo instantané Snapchat pour 3 milliards de dollars ; après l’acquisition d’Instagram, on pourrait avoir l’impression que Facebook essaie d’acquérir toutes les applications qui pourraient d’une façon ou d’une autre lui faire concurrence. Or ce n’est pas forcément la meilleure stratégie pour la firme qui ferait peut-être mieux de se concentrer sur son cœur applicatif.

Le phénomène des bots Twitter est arrivé à la connaissance des médias : il devient un phénomène connu, identifié, à mi-chemin entre la prouesse technique et l’expérience artistique. Il ne s’agit pas pour ces bots de se faire passer pour humains ; ils sont acceptés comme tels et suivis, très suivis pour certains.

Il est difficile d’articuler ce genre de phénomène avec la perception, très pragmatique, des médias sociaux par les entreprises. Néanmoins, toutes ces visions coexistent et prennent forme. Du côté des entreprises, la réputation est désormais perçue comme le principal risque stratégique et les médias sociaux sont considérés comme la source majeur de bouleversement potentiel de l’entreprise.

Sur le grand réseau mondial

Le sociologue Nathan Jurgenson, qui désigne avec la formule « dualisme numérique » la tendance à considérer que l’activité web et l’activité hors ligne sont deux mondes différents, propose à nouveau un bel essai sur les déconnectés, ces gens qui rejettent le numérique pour des raisons morales.  Il montre ainsi que la vie « en ligne » n’est pas une pure considération technique, à comprendre sur le mode de la relation à la technologie, mais un mode d’expression de soi, une performance sociale.

Dans le même esprit dépassionné, le journaliste Xavier de la Porte s’interroge sur les rapports entre la révolution numérique et la pratique historienne. Il montre ainsi que le recours à l’histoire permet de comprendre cette révolution à la lumière des précédentes révolutions technologiques, et de réinscrire ce « changement inédit » dans des continuités plus anciennes.

Au royaume de la data

Deux articles de fond cette semaine interrogent le statut de la donnée et de ses usages. Il y a d’abord la question de l’utilisation des données dans la recherche : qu’elles soient produites et/ou utilisées par des chercheurs, elles invalident quelques mythes comme celui qu’il existe des données brutes. Les données modifient les pratiques de recherche dans la mesure où elles peuvent faire l’objet d’une publication, ou d’un partage dans la communauté scientifique ; elles invitent par ailleurs à une plus grande transparence.

L’exploitation des données est devenue en elle-même un phénomène spécifique : la donnée peut être fétichisée, réifiée. On en fait une chose et une fin en soi alors qu’il s’agit plutôt d’une trace et d’un outil pour parvenir à autre chose. Le meilleur signe de cette idolâtrie de la donnée, c’est qu’elle est esthétisée, on en fait un objet d’art, qui aurait sa beauté propre alors qu’au fond, il ne s’agit que de chiffres.

Notre visualisation de la semaine présente les prénoms les plus populaires aux Etats-Unis selon les régions, faisant apparaître des spécificités, des régionalités de certains prénoms.

prenoms
Cliquer sur l’image