Du côté des médias sociaux

Twitter a fêté l’anniversaire de son premier tweet et proposé à cet occasion une application pour retrouver le premier tweet d’un compte en particulier. La Turquie a également fêté cela mais d’une façon un peu particulière, puisque Twitter y a été bloqué – assez brièvement puisque le blocage a été contourné et que Twitter lui-même y a aidé : c’est un exemple assez intéressant d’une société basée aux Etats-Unis qui s’oppose explicite à la décision d’un gouvernement et refuse de coopérer. Twitter pourrait également supprimer les symboles correspondants aux hashtags et mentions : c’est en tout cas une fonctionnalité en train d’être testée.

Côté messages courts et instantanéité, la chercheuse danah boyd présentait un point de vue sur la valeur de Snapchat, cette application qui permet de partager des photos qui disparaîtront au bout de quelques secondes. Elle explique ainsi que dans l’économie de l’attention qui caractérise les objets numériques, Snapchat parvient à concentrer cette attention du fait que la photo reçue est éphémère et doit être regardée maintenant ou jamais.

Sur le grand réseau mondial

Beaucoup de fantasmes mâtinent les médias en ce qui concerne les algorithmes et d’éventuelles « gouvernance algorithmique », « surveillance algorithmique », etc. La tribune d’une directrice de recherche d’Inria rappelait que les algorithmes ne sont pas doués de raison, ni magiques, ni sournois ni bienveillants : ce sont des morceaux de code informatique permettant d’exécuter une succession d’étapes. Nous ne cessons cependant de nous amuser de nos machines et des robots que nous pouvons construire, comme par exemple Victor, un robot qui joue au Scrabble et qui a été programmé pour être un mauvais perdant vindicatif.

De façon plus général, nous attendons beaucoup de choses de la technologie, et la phase de déception commence à arriver. Hubert Guillaud a souligné assez longuement la façon dont l’instrumentation technique n’a pas changé notre rapport à l’autorité, Internet n’ayant nullement aboli les hiérarchies. La télévision, le web, les jeux vidéos, ne nous rendent probablement pas ni plus idiots ni plus intelligents, mais réagencent nos capacités et nous rendent meilleurs dans certains domaines et sans doute moins bons dans d’autres. Enfin, si Internet s’est construit sur un fonds très utopiste, cette utopie était très loin d’être en action dès le départ et la liberté logicielle est plutôt quelque chose qui s’est construit au fil du temps et qui est, pour le coup, sans doute meilleur aujourd’hui qu’hier.

Au royaume de la data

Là où les technologies numériques n’ont clairement pas amélioré nos libertés, c’est du côté de la surveillance menée par les gouvernements. Le Monde a révélé que les Etats-Unis n’étaient pas les seuls à surveiller nos agissements mais que l’opérateur Orange a collaboré avec les services de renseignements français et anglais. La NSA a également confirmé que les géants du web, qui ont pu feindre d’être surpris, étaient parfaitement au courant des données personnelles qu’ils transmettaient, soulignant cependant que cette transmission tombait sous le coup d’une obligation légale.

La mise en données du monde n’apporte pas que des mauvaises choses : elle renouvelle notamment une partie des pratiques journalistiques. C’est en tout cas ce que défend le statisticien Nate Silver, qui ambitionne de passer d’un journalisme d’opinion à un journalisme de données basé sur les faits, évalués quantitativement. Pour cela, en journalisme comme dans toutes les entreprises, l’automatisation n’est pas pour demain et l’humain est nécessaire pour comprendre les enjeux et les objectifs : il faut inscrire l’analyse de données dans une compréhension des métiers et des enjeux dont la machine est tout à fait incapable. Ceci étant, elle peut accélérer grandement les choses, en matière d’analyse des médias sociaux par exemple : le spécialiste Seth Grimes a énoncé un certain nombre d’applications de l’analyse de sentiments qui permet d’affiner la compréhension des phénomènes humains et sociaux qui se manifestent en ligne.

Notre visualisation de la semaine, en ligne avec ce que nous avons énoncé plus haut, montre que l’avènement des big data n’a nullement supprimé le besoin de théories et de modèles scientifiques.

 correlation