Du côté des médias sociaux

Deux acquisition ont fait du bruit dans le petit monde des réseaux sociaux : Lithium a mis la main sur Klout et Facebook s’est offert Oculus Rift au grand dam des fans de la startup. Il faut dire que Facebook laisse peu de place à la poésie : un témoignage fort intéressant décrit la place des tests utilisateurs et la façon dont le site ne fait au final qu’optimiser en fonction des statistiques qui leur parviennent. Il faut toutefois se rappeler que tout le monde n’a pas le plaisir de pouvoir servir aux tests de Facebook et qu’un certain nombre de pays bloquent Facebook, Twitter, ou YouTube.

Sur le grand réseau mondial

L’innovation est devenu une injonction impérative à laquelle il est difficile d’opposer quoi que ce soit. Or l’innovation n’est pas « gentille » ou « méchante » par nature, elle n’est pas de droite ou de gauche, elle peut avoir des conséquences différentes en fonction des situations. Elle peut accroître les inégalités ou les réduire. Tout dépend, en fait, de sa finalité, qui est en réalité la vraie question qu’il faut se poser.

Les controverses sur Wikipédia et le statut du savoir qui y est décrit semblent s’être atténuées avec le temps et l’effectivité de l’encyclopédie. Elles ne sont pas éteintes pour autant et il n’est pas rare qu’un sujet explose ; ainsi, récemment, le fondateur a rappelé que la neutralité de points de vue Wikipédia ne veut pas dire que tous les points de vue se valent et qu’on peut y décrire les opinions de n’importe qui en disant qu’elles existent. Ainsi la médecine holistique est à distinguer des connaissances médicales fondées en science et Jimmy Wales se refuse à les exposer de la même façon.

Au royaume de la data

Les statistiques, et donc les big data, tendent à défier le sens commun. C’est peut-être pour cela que les probabilités bayésiennes ne nous sont pas intuitives, en tout cas pas quand il faut les confronter à des exemples concrets. Il y a aussi le fait que beaucoup de choses ont été promises, annoncées, et que l’on commence enfin à revenir dessus. Les big data n’ont pas rendu la théorie scientifique obsolète, et l’augmentation de la taille des jeux de données ne donnent pas systématiquement de meilleurs résultats : ainsi les annonces de Chris Anderson (qui avait proclamé la fin des théories) comme les résultats inexacts de Google Flu Trends remettent en cause la portée de ces méthodes – sans contester que pratiquées correctement, elles sont tout à fait intéressante.

Parlant de Chris Anderson, ancien rédacteur en chef de Wired, il est amusant de voir que sa théorie de la longue traîne est également invalidée et que les blockbusters ont continué à être ce qui dégage le plus de bénéfices. Le journalisme de données, qui devait mettre au fin au vilain journalisme d’opinion, reste en fait lui aussi du journalisme d’opinion avec des données pour les appuyer, ou faire semblant de les appuyer. On verra donc si les prédictions de Nate Silver, qui affolent le directeur de campagne républicain, se confirment.

Enfin, il est plaisant de voir que l’analyse de données ne sert pas seulement à prédire les comportements des consommateurs et des citoyens, mais aussi, en sciences humaines, à une meilleure connaissances de manuscrits anciens comme les manuscrits hagiographiques (sur les saints et la vie des saints) dont l’analyse statistique soulève de nouvelles question et permet de nouvelles manipulations.

Notre visualisation de la semaine permet de se représenter l’évolution de l’évaluation d’une série TV, avec ici l’exemple de Doctor Who.

dw
Cliquer sur l’image