Du côté des médias sociaux

En 8 ans, l’usage de Twitter a évolué. The Atlantic propose une rétrospective sous forme de nombreux graphiques qui présentent des statistiques intéressantes sur le niveau d’activité des utilisateurs. L’histoire continue pour Twitter avec le rachat de Mesagraph, spécialisé dans l’analyse des tweets sur l’audiovisuel.

Facebook continue d’évoluer également mais cela ne ravit pas toujours ses utilisateurs, en particulier les annonceurs qui utilisent les pages Facebook pour leur communication : l’algorithme de sélection des contenus qui s’affichent dans le flux des utilisateurs est devenu parfaitement opaque et ne permet pas du tout d’avoir la garantie que le contenu que l’on souhaite à diffuser (auprès de ses fans, ou de ses amis si l’on est une personne) sera effectivement affiché pour eux.

Instagram est le véhicule d’une légende, d’un phénomène dont on parle mais qu’on n’a encore jamais vraiment vu : le selfie aftersex, où l’on se prend en photo après le sexe, fait parler de lui mais semble être pratiqué essentiellement ironiquement. Il a en tout cas ravi les médias en ligne.

Sur le grand réseau mondial

Les gens qui aiment mettre ce qu’ils croient être un déclin de notre civilisation sur le compte d’Internet aiment particulièrement s’attaquer aux mécanismes de la rumeur : Internet permettrait et favoriserait la diffusion d’informations fausses. Xavier de la Porte, dans un article un peu remonté, rappelle que la rumeur existait bien avant Internet et qu’il était nettement moins facile, en ce temps-là, de neutraliser une rumeur. Le même Xavier de la Porte animait une émission fort sympathique sur l’histoire des interfaces hommes-machine en compagnie de Nicolas Roussel, directeur de recherche Inria, avec notamment l’idée chez l’illustre Engelbart que ce n’est pas seulement la machine qui doit s’adapter à l’humain : il y aurait selon lui une co-évolution où l’humain apprend progressivement à utiliser une technologie qui s’adaptera également avec le temps.

Au royaume de la data

Les sciences humaines sont les spécialistes de l’analyse des comportements sur le web. Toutefois la transposition en ligne de leurs méthodes (sondages, enquêtes) pose souvent des difficultés : une personne qui partage un sondage en ligne à son entourage aura des réponses de son entourage et non de la population qu’il cherche à étudier, avec tous les biais que l’on peut imaginer. De nouvelles méthodes sont actuellement explorées dont l’installation d’une application qui enregistre, avec le consentement de l’utilisateur, son utilisation d’un dispositif comme un réseau social par exemple.

L’analyse et l’interprétation de ces données ne dispose cependant toujours pas d’une méthode unique et magique qui permettrait de traiter les données sans erreur. Ainsi, le manifeste de Nate Silver sur le journalisme de données continue à susciter des réactions critiques : ce n’est pas un scientifique, même s’il se revendique de leur rationalité, et cela se ressent dans la façon dont ses extrapolations relèvent finalement d’un sensationnalisme qui caractérise plutôt le mauvais journalisme. Il rentre finalement dans la catégorie de ceux qui font de la divination avec les données, ce qui consiste aussi souvent à interpréter du bruit statistique, du fait que des variations comme les mouvements quotidiens de la bourse sont à une granularité beaucoup trop fine pour en déduire quoi que ce soit.

Notre visualisation de la semaine, à comparer à celle que vous verrez en cliquant sur l’image, cartographie la localisation des Parisiens « à particule » dans la capitale.

nobles
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