Sur le grand réseau mondial

La faille de sécurité « Heartbleed » a renouvelé le débat sur les mots de passe : d’aucuns sont d’avis de les bannir et de les remplacer par des méthodes d’identification plus légères, demandant moins de gymnastique mémorielle, comme un code de vérification envoyé sur son portable à chaque connexion sur un site sécurisé.

Le wearable computing n’est pas mort avec le Fuelband de Nike : les SuperShoes se proposent de vous guider vers votre destination ou une destination surprise en vibrant lorsque vous êtes dans la bonne direction. Plus question donc de se promener les yeux rivés sur son smartphone ; il serait possible de se laisser guider par ses chaussures !

Comprendre le numérique n’est pas facile : la théorie des nouveaux médias de Lev Manovich a cette ambition d’expliquer le monde à l’heure du logiciel. Pour le chercheur Geert Lovink, ce projet est un échec, celui d’une théorie qui s’est perdue dans son questionnement alors que l’informatique a continué de se développer et de se complexifier.

Au royaume de la data

L’open data (qu’il faut maintenant appeler « données ouvertes » en français) n’est pas quelque chose de purement déclaratif : il faut respecter un certain nombre de conditions, dont la mise à disposition effective et sans restriction des données. Dans le cas contraire, on se retrouve dans ce que l’on appelle désormais l’open washing, expression qui sur le modèle du green washing, dénonce les effets d’annonce sur de l’open data accompagnées d’une mise à disposition partielle de données généralement dans le cadre d’un concours ou d’une opération de communication par une entreprise.

Le sujet qui a beaucoup tourné cette semaine était celui d’une femme (accessoirement sociologue) qui a voulu « dissimuler aux big data » sa grossesse, et dont le comportement « cachotier » a été associé à celui d’un terroriste. Beaucoup de médias ont conclu qu’il était désormais impossible de se cacher des big data.

Celles-ci ont un pendant positif : pour les entreprises qui traitent beaucoup de données et s’organisent autour de celles-ci, les big data développent une culture d’entreprise nouvelle, pilotée par la donnée plutôt que par l’opinion du mieux placé ou du dernier à parler. Tout n’est pas à jeter dans ces technologies dont les critiques reposent beaucoup sur des hommes de paille comme des erreurs typiques de débutants que les spécialistes ne font pas.

Rien n’est évident cependant ; la définition des big data est toujours sur l’ouvrage. Pour Stephen Few, spécialiste de la visualisation de données, les big data n’existent pas, il n’y a que des données en volume plus ou moins important. Pour le statisticien Andrew Gelman, il y a bien un phénomène caractérisé par la nature conversationnelle des données, la finesse de leur granularité, et l’aspect temps réel qui soulève de nouveaux défis à relever. Quelle que soit la nature de la donnée, sa compréhension est grandement facilitée par le travail de visualisation qui est bien un pan à part entière de l’art d’analyser les données.

Notre visualisation de la semaine classe un certain nombre de rappeurs américains en fonction de la richesse de leur vocabulaire.

rap
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