Du côté des médias sociaux

Ce qui est toujours fascinant avec la technologie, c’est la quantité de choses que l’on peut faire avec. Prenons le cas de Twitter. Sur la dernière quinzaine :

  • Un compte Twitter automatisé a détecté qu’un utilisateur russe anonyme a édité la page Wikipédia du vol MH17 depuis les locaux de la chaîne de TV d’Etat ;
  • Le même outil de détection de modification s’est mis en place sur la Wikipédia francophone pour suivre les modifications faites depuis l’Assemblée nationale ;
  • Business Insider raconte l’histoire interminable d’un adolescent dont le tweet a été relayé des dizaines de milliers de fois, reproduit et plagié y compris par une émission de TV ;
  • Twitter lui-même lançait une plate-forme d’analytics qui permet de consulter l’engagement (nombre de retweets, réactions, etc.) de chacun des tweets que l’on publie.

Sur le grand réseau mondial

Pour notre revue du numérique de la semaine, commençons par des sujets légers : tout d’abord, Sony a annoncé un téléphone portable pour faire des selfies. Nous ne cherchons pas ici à leur faire de la publicité mais à lire le signe qu’un phénomène de société est devenu suffisamment ancré pour devenir un argument de vente. Pendant ce temps-là, autre annonce un peu futuriste, Google Maps a modifié son algorithme de calcul d’itinéraire pour les cyclistes afin de réduire les dénivelés. C’est très attentionné.

Sans transition, quelques statistiques sur les MOOC (cours en ligne) où l’on voit notamment que l’informatique et les sciences de la nature suscitent le plus d’intérêt, et que le taux d’abandon des étudiants est fort élevé. Pour The Conversation, la révolution des MOOC n’a tout simplement pas eu lieu : les universités n’ont globalement pas changé, les cours en ligne restent anecdotiques et n’ont pas apporté la réforme de l’enseignement et de ses modèles qui était annoncé.

Autre révolution qui n’aura probablement pas lieu, celle de l’enseignement du code informatique en périscolaire, qui a fait grand bruit ces derniers jours et dont la meilleure réponse à mes yeux est celle de Benjamin Bayart, qui martèle l’importance de comprendre l’environnement numérique, ses conséquences politiques et sociales, plutôt que de savoir aligner quelques lignes de C ou de Python.

Au royaume de la data

La lecture de la semaine est un article d’Evgeny Morozov, que nous aimons bien citer ici, et qui montre comment l’Internet des objets et la mise en donnée des objets du quotidien a des conséquences qui vont bien au-delà des questions de technique ou d’usage. Mettre en place des dispositifs globaux comme des GPS dans les voitures donnent la possibilité de suivre à tout moment, en temps, ce que fait tout le monde, sans qu’il n’y ait de réglementation ou de « bonnes pratiques » sur ce qu’il convient de faire de pareils informations. Les dispositifs n’instaurent pas de dérives en eux-mêmes, mais la possibilité de dérives qui remettent en cause l’ordre politique et social actuels.

Que cette bonne lecture ne vous décourage pas de faire les suivantes, et notamment celle de l’article du spécialiste de la visualisation de données Alberto Cairo, qui s’en prend au journalisme de données et notamment à Nate Silver, qui à force de prendre la posture du renard, qui sait « peu de choses à propos de beaucoup de sujets », en vient à tenir des propos approximatifs sur tous les sujets qu’il aborde. Alberto Cairo invite à davantage de rigueur dans cette pratique censée renouveler le journalisme, une rigueur qui se traduit notamment par des articles plus fouillés, mieux préparés… bref ce que l’on peut attendre d’un bon journaliste en général.

Enfin, l’auteur de ces lignes ne peut que vous inviter à lire ses investigations sur la fouille de données, et plus spécifiquement sur le rôle de l’expert face à l’automatisation que permet le data mining.

Notre visualisation de la semaine présente de façon fort esthétique les rues les plus fréquentées en Vélib’ dans quelques capitales la nuit.

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