[Mis à jour le 25 avril] A l’approche d’une élection, c’est devenu presque un rituel : les instituts de sondages, habituellement considérés comme une manière sérieuse d’objectiver l’opinion d’une population sur un sujet, se retrouvent dans la tourmente de la critique pour leurs biais, leurs marges d’erreurs, leur représentativité.

Des méthodes alternatives ?

Malgré ces réserves, les alternatives en matière d’analyse de l’opinion restent peu convaincantes. L’utilisation du web et des réseaux sociaux comme mesure intermédiaire des intentions de vote laisse à désirer. Le nombre de Likes, de followers, le trafic sur les sites des mouvements et partis politiques reflètent surtout leurs investissements en communication digitale, leur capacité à mobiliser les médias et à viraliser des contenus. Ils sont la mesure d’eux-mêmes : le nombre de followers d’un candidat sur Twitter reflète adéquatement sa popularité sur Twitter, mais pas sa popularité en général. Pour passer de l’un à l’autre, les coefficients ou lois d’ajustement, si tant est qu’elles existent, sont inconnues, engageant toute la complexité des rapports entre le numérique et la société.

En 2012, lorsque Nate Silver, la rock star du data journalisme, prédit avec succès le résultat des élections étatsuniennes dans les cinquante Etats, il le fait en agrégeant… des sondages. Lorsqu’il reproduit en 2016 cette même démarche, parfois qualifiée de big data parce qu’elle agrège de nombreuses sources d’origine différente, il donne Hillary Clinton gagnante, comme tous les sondages du moment. La méthode révolutionnaire qui analyserait les mouvements d’opinion mieux que personne et différemment de tout le monde n’existe sans doute pas.

…ou plutôt complémentaires

Néanmoins, cela n’empêche pas les mesures traditionnelles de l’opinion d’évoluer. Sur la base d’un panel représentatif de la population française, Harris Interactive a interrogé les Français sur la campagne présidentielle depuis août 2016. L’originalité de cette démarche ? Outre la qualification des répondants en termes de profession, de catégorie sociale, de couleur politique, etc., l’enquête pose une question simple et ouverte, « qu’avez-vous retenu de la campagne présidentielle cette semaine ? », sans rien proposer, ni suggérer. De ce fait, les répondants ne sont pas forcés à se prononcer sur les candidats, se forgeant une opinion qu’ils n’ont pas, mais peuvent mentionner spontanément ce qui les a marqués.

Proxem a accompagné Harris Interactive dans le traitement de ces réponses pour en extraire notamment les thématiques abordées, les événements d’actualité, les candidats et la tonalité associée. L’analyse sémantique assurée par Proxem permet ainsi de dégager le volume de mentions des candidats chaque semaine, et la tonalité de ces mentions. L’intérêt de cette analyse est qu’elle ne prétend pas remplacer les questions fermées sur les intentions de vote : elle les complète, les corrobore, et décompose la popularité des candidats en deux indicateurs : leur taux de mention ou part de voix, et leur taux d’approbation. Ainsi, un « petit candidat » peut être peu cité, mais de manière majoritairement positive. A l’inverse, un « grand candidat » pourra être très cité, mais très négativement. En mettant en regard ces deux indicateurs, on peut les pondérer et les interpréter différemment, en évitant les contre-sens.

Depuis que la liste définitive des candidats est connue, Proxem diffuse ainsi chaque semaine ce baromètre qui détaille les évolutions du taux de mention et d’approbation de chaque candidat, et donc voici la dernière mouture :

On y voit notamment Emmanuel Macron et Marine Le Pen félicités pour leur accession au deuxième tour,  et Jean-Luc Mélenchon talonner Marine Le Pen en termes de part de voix, la dépassant même légèrement en taux d’approbation.

Retrouvez ici le baromètre de la semaine, détaillé par candidat, et celui des semaines précédentes, au format PDF :

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