Sinan Bekka, Collaborateur auprès de la Cheffe de projet Grande Marche Europe de La République en Marche (parti politique progressiste français lancé en 2016 par Emmanuel Macron), nous partage sa vision du rôle central de l’analyse sémantique pour comprendre l’opinion des Français.

 

Pouvez-vous nous présenter votre rôle et vos principales missions au sein de La République en Marche ?

Je suis au pôle Europe de La République en Marche. Actuellement je travaille essentiellement sur la campagne européenne mais pendant la Grande Marche pour l’Europe j’aidais à la coordination nationale ainsi qu’à l’analyse et à la restitution des résultats.

 

Pourquoi avez-vous mis en place une solution d’analyse sémantique des verbatims ?

Notre méthode est toujours de partir du réel et de ce que nous disent les Français sur le terrain. L’objectif de l’analyse sémantique est alors de sortir des questions fermées des sondages et de laisser s’exprimer les Français de manière sincère et libre sur leurs ressenti vis-à-vis de l’Europe.

 

Pour quelles raisons avez-vous retenu Proxem pour vos projets ? Pouvez-vous nous décrire votre ressenti quant à la mise en œuvre ?

Ce n’est pas la première fois que nous consultons les Français de cette manière. Notre mouvement est d’ailleurs né d’une première Grande Marche en 2016. À cette période déjà nous utilisions Proxem. Depuis, la récurrence de nos consultations (en ligne principalement) nous a poussé à faire faire l’analyse directement par nos équipes, d’une façon autonome. Par conséquent, la facilité de prise en main nous a grandement aidé, de même que les séances de formation et d’accompagnement des équipes de Proxem.

Nous avons rencontré certaines difficultés techniques, notamment pour savoir comment gérer des mots qui avaient une orthographe proche (exemple « marche » et « marché »). Nous ne sommes pas linguistes de formation et avons parfois eu besoin de l’aide de Proxem afin de résoudre ce type de difficultés.

La principale difficulté était celle du biais de l’analyse. En analysant nous-mêmes les réponses et ayant forcément une idée de ce que nous souhaitions voir transparaître, il était parfois compliqué de prendre du recul. Les équipes de Proxem ont cependant réussi à nous recentrer et à compléter certaines choses que nous avions pu manquer.

 

Pouvez-vous nous décrire les aboutissements qu’ont permis nos solutions ?

L’analyse nous a permis de construire un diagnostic très solide que nous avons présenté le 26 septembre 2018 devant plus de 900 personnes.

A titre d’exemple, la thématique qui est ressortie le plus des questionnaires était celle de l’environnement, ce que nous n’avions pas forcément anticipé.

Nous continuerons à consulter les citoyens sur des sujets très variés. À ce titre, nous attendons avec impatience la nouvelle fonctionnalité qui détectera automatiquement les différents sens d’un même mot pour nous aider à gérer l’ambiguïté du langage*.

*Par exemple, le sens du terme « proximité » varie selon que l’on parle de « police de proximité », de la « proximité des politiques » (avec les citoyens), « à proximité de Paris », de la « proximité de l’élection » ou de « commerces de proximité » ; de même, cette dernière expression a pour synonymes « AMAP », « circuits courts » … C’est la prise en compte des homonymes et synonymes qui permet d’avoir une analyse sémantique de qualité.